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Un nouveau pas vers la fin de l’expérimentation animale ?

04/10/2021


Le Parlement européen a adopté le 16 septembre dernier une résolution en faveur de la suppression progressive de l’utilisation des animaux à des fins de recherche et de formation, pour relancer la Directive de 2010 sur la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Malgré cette Directive, 10 ans après, le nombre d’animaux utilisés en recherche est toujours très élevé. Avec ce vote, les députés souhaitent accélérer l’évolution des mentalités et la reconnaissance de méthodes alternatives à l’expérimentation animale.

Les chercheurs en sciences de la vie et en santé craignent que la mise en place d’interdictions strictes, sans la validation au préalable de méthodes alternatives à l’expérimentation animale, n’entraine un retard par rapport à leurs concurrents mondiaux. La Fédération Européenne des Associations et des Industries Pharmaceutiques (EFPIA) redoute, quant à elle, que les fonds de la recherche soient plus utilisés pour atteindre les objectifs de réduction des animaux au détriment de réels développements scientifiques.

Même avec une augmentation significative des financements de la recherche, l’arrêt de l’utilisation des animaux à des fins expérimentales, ne pourra se faire qu’au rythme progressif de la science, car on ne dispose pas aujourd’hui de suffisamment de techniques alternatives.

Le Centre Commun de Recherche (Joint Research Center), dont la mission est d’accélérer la transition vers des solutions de remplacement, mène actuellement de grandes études pour valider des alternatives aux modèles animaux. De nombreuses avancées ont vu le jour au cours des dix dernières années, comme les cultures cellulaires 3D, les organoïdes, les tissus bio-imprimés, la modélisation informatique…, permettant de tester des effets de produits chimiques ou cosmétiques. Il reste, cependant, des modèles à mettre au point pour des processus biologiques très complexes comme les tests de toxicité pour la reproduction.

Dans ce contexte, la Commission européenne n’envisage pas, pour le moment, de fixer des objectifs plus contraignants que ceux de la Directive de 2010, qui prévoit déjà l’arrêt de l’utilisation des animaux à des fins expérimentales. Le vote de la résolution par les députés fera-t-il évoluer la position de la Commission ?

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