Témoignages d’entreprises

Viablue tire les enseignements de son dépôt de projet européen. et les partage !


Viablue, entreprise fondée en 2008, offre toutes ses compétences au service de la formation à distance sur support numérique.

L’entreprise innove constamment en s’appuyant sur son centre de recherche de la Rochelle. Elle avait notamment saisi l’opportunité, courant 2011, de déposer un projet de R&D dans le cadre du 7e PCRD dédié spécifiquement aux PME. Bpifrance (ex-OSEO), membre du réseau Entreprise Europe Sud-Ouest, avait accompagné l’entreprise dans cette démarche et avait préconisé l’intervention d’un prestataire spécialisé dans le montage de projets.

Le projet en question n’avait pas été retenu, mais Viablue en a toutefois retiré un certain nombre d’enseignements et de bonnes pratiques à adopter.


Viablue, 20 personnes, entreprise fondée en 2008, offre toutes ses compétences au service de la formation à distance sur support numérique. A partir de sa plateforme en ligne, « Learning Park », elle procure à ses clients l’infrastructure et l’environnement informatique nécessaires pour diffuser auprès des apprenants des modules de formation à distance accessibles depuis tous types de supports, du PC à la tablette, via un hébergement des données de type « Cloud » géré par Viablue. L’entreprise offre également ces savoir-faire pour la conception des modules de e-learning incluant la réalisation de Serious-Games et la possibilité de travailler avec la 3D.

Les partenariats développés avec ses premiers clients, le groupe Mérieux notamment, l’ont amené à se développer sur le secteur de la formation à l’hygiène et à la sécurité alimentaire, puis sur celui de la sécurité au travail. Elle dispose aujourd’hui d’un portefeuille de clients prestigieux, y-compris à l’international, où l’entreprise se développe à bon rythme (Europe, USA, Maroc, Chine, Emirats…), ayant su s’adapter à sa clientèle étrangère en mettant à sa disposition des modules de formation dans un très grand nombre de langues (anglais, néerlandais, chinois, arabe, espagnol…).

Viablue innove constamment en s’appuyant sur son centre de recherche de la Rochelle. L’un de ses derniers développements consiste en la mise à disposition, via un catalogue virtuel, le « Learning Store », de contenus de formation conçus par des professionnels du e-learning qui sont ainsi présentés au public.

L’entreprise avait saisi l’opportunité, courant 2011, de déposer un projet de R&D dans le cadre du 7ème programme-cadre de R&D (7e PCRD) de la commission européenne dédié spécifiquement aux PME. Bpifrance (ex-OSEO), membre du réseau Entreprise Europe Sud-Ouest, avait accompagné l’entreprise dans cette démarche et avait préconisé l’intervention d’un prestataire spécialisé dans le montage de projets.

Le projet en question n’avait pas été retenu, la compétition sur ce type de concours s’étant avérée très forte (très nombreux projets déposés), mais Viablue en a toutefois retiré un certain nombre d’enseignements et de bonnes pratiques à adopter. « Le maître-mot serait en premier lieu d’ANTICIPER le montage de sa proposition de projet car nous n’avions pas bénéficié de suffisamment de temps à cette période pour rédiger notre projet et rassembler tous les partenaires européens requis » précise M. Aboukrat, Dirigeant et fondateur de Viablue. « Le projet avait été déposé en français, seul le résumé étant présenté en anglais ; or parmi les évaluateurs, un seul français ! Bien que le dépôt soit autorisé en français, ce premier point nous a été défavorable ».

Les commentaires d’évaluation reçus par l’entreprise lui ont aussi permis d’identifier d’autres points critiques sur lesquels il est important que les PME sachent répondre. Le projet de Viablue portait sur une cible réduite à un marché de niche (pour la formation d’un public à faible niveau de qualification)… que l’état de l’art présenté ne permettait pas vraiment de justifier. Il eut fallu élargir la cible marché et plutôt mettre en avant les avantages différentiateur de la plateforme logicielle présentée, tout en soulignant son impact social via un usage possible auprès d’apprenants illettrés, d’une autre langue ou culture (grâce à des modules de formation très visuels, avec voix off en lieu et place d’instructions écrites).

Concernant le consortium, son dimensionnement était bon : 3 PME et 2 laboratoires universitaires. Mais la répartition faisait pencher la balance du côté français (seulement une entreprise belge et une autre danoise) déséquilibrant l’ensemble. Les expériences et compétences scientifiques et techniques de chacun étaient toutefois bien complémentaires, et au plus près des exigences et objectifs du projet, un point positif donc. La gestion des Droits de Propriété Intellectuelle et des conditions d’exploitation commerciale d’après-projet avait aussi été parfaitement bien anticipée.

Une autre exigence de la Commission a concerné les livrables, qu’il aurait fallu réduire en nombre et délivrer sur un rythme régulier, tous les 6 mois. Les jalons présentés auraient dû être plus clairement explicités, de même que les indicateurs de performance dont la définition/quantification aurait dû être plus précise.

Mais la difficulté réside aussi dans le fait qu’il est impossible de communiquer avec les évaluateurs, en dehors de la soumission d’un pré-projet de 3-4 pages environ 1 mois avant la date limite et pour lequel les commentaires formulés reviennent bien trop tardivement pour pouvoir en tenir compte (action que Viablue n’avait pas pu réaliser dans le temps imparti au montage du projet).

« Dans tous les cas, ce type d’exercice a été bénéfique à l’entreprise, car il oblige à la réflexion, à se structurer et à mettre sur le papier un programme de travail pertinent et réaliste ».

Bien que le projet n’ait pas été retenu, cela n’a pas empêché Viablue de se développer et de travailler avec ses partenaires. M. Aboukrat ajoute enfin qu’il n’est pas facile, pour une PME, de se positionner en tant que leader (ou coordinateur) d’un projet européen, la charge de travail à assurer pour la gestion administrative et opérationnelle, telle que requise par la commission européenne, étant tout de même assez lourde. Il précise que cela n’est cependant pas insurmontable, à condition de disposer de ressources humaines et de moyens suffisants.

Contact : Maurice ABOUKRAT – www.viablue.fr